Publié le 22 juillet 2026 par Équipe Objectif Gardien
Mai 68 au concours de Gardien de la Paix : ce qu'il faut retenir
Mai 68 au QCM de culture générale du concours de Gardien de la Paix : dates clés, nuit des barricades, accords de Grenelle et suites politiques à connaître.
Mai 68 est la plus grande crise sociale qu’ait connue la Ve République, et un classique du QCM de culture générale du concours de Gardien de la Paix. En quelques semaines, une révolte étudiante se transforme en grève générale qui paralyse le pays, avant que le général de Gaulle ne reprenne la main. Trois repères suffisent à tenir tout l’épisode : la nuit des barricades du 10 mai, les accords de Grenelle des 25-27 mai, et l’allocution du 30 mai. Voici comment les fixer.
Pourquoi Mai 68 tombe-t-il au concours de Gardien de la Paix ?
Parce que c’est un moment charnière de l’histoire de France, l’un des thèmes du programme. En moins d’un an, la France passe d’une révolte de quartier étudiant à la plus grande grève que le pays ait jamais connue, puis à un raz-de-marée électoral en faveur du pouvoir en place. Un tel enchaînement, c’est un terrain idéal pour un rédacteur de QCM.
Les questions restent simples dans leur forme. En quelle année se déroule Mai 68 ? Qui est président de la République à ce moment ? Que sont les accords de Grenelle ? Aucune n’est piégeuse si vous avez fixé la trame. Le piège, lui, est ailleurs : beaucoup de candidats croient que Mai 68 provoque la chute immédiate de de Gaulle. C’est faux, et nous y reviendrons. Retenez d’abord un cadre. Nous sommes au printemps 1968, sous la Ve République, dixième année du régime, avec Charles de Gaulle à l’Élysée et Georges Pompidou comme Premier ministre.
Comment le mouvement a-t-il commencé, de Nanterre à la Sorbonne ?
Tout part de l’université. Le 22 mars 1968, à la faculté de Nanterre, des étudiants occupent un bâtiment administratif pour protester, entre autres, contre l’arrestation de militants. Ils fondent le Mouvement du 22 mars, dont Daniel Cohn-Bendit devient une figure. La contestation gagne peu à peu Paris.
Le point de bascule est le 3 mai 1968 : la police évacue les étudiants qui occupent la Sorbonne. Aussitôt, le Quartier latin s’embrase. Manifestations, affrontements, pavés. La tension monte pendant une semaine, jusqu’à la fameuse nuit des barricades, dans la nuit du 10 au 11 mai 1968. Des dizaines de barricades sont dressées rue Gay-Lussac, la police charge, on compte des centaines de blessés de part et d’autre.
La « nuit des barricades » du 10 au 11 mai 1968, à Paris, sert de détonateur à la mobilisation dans tout le pays.
C’est cette nuit-là qui fait basculer l’opinion et pousse les syndicats à entrer dans la danse. Jusque-là, la crise était étudiante. À partir du 11 mai, elle devient sociale.
Pourquoi parle-t-on de la plus grande grève de l’histoire de France ?
Les syndicats appellent à une journée de grève générale le 13 mai 1968. Ce qui devait être une journée se transforme en blocage du pays. Les usines s’arrêtent, les trains ne roulent plus, l’essence manque. Au plus fort du mouvement, on compte autour de 7 à 8 millions de grévistes. Jamais la France n’avait connu une grève d’une telle ampleur. C’est le chiffre à retenir : Mai 68 n’est pas qu’une affaire d’étudiants, c’est surtout un pays à l’arrêt.

Face au blocage, le gouvernement négocie. Du 25 au 27 mai 1968, le Premier ministre Georges Pompidou réunit patronat et syndicats au ministère du Travail, rue de Grenelle. Ces négociations débouchent sur les accords de Grenelle, qui prévoient une forte revalorisation du salaire minimum (le SMIG) et des augmentations générales de salaires. Point important pour le concours : les accords de Grenelle sont un compromis social, pas un texte politique. Ils portent sur les salaires et les conditions de travail, pas sur les institutions.
Et pourtant, ils ne suffisent pas à éteindre le mouvement. Quand les responsables syndicaux présentent ces acquis aux ouvriers de Renault, la base les juge insuffisants et refuse de reprendre le travail. La grève continue. À ce moment précis, fin mai, personne ne sait comment la crise va se terminer. Le pouvoir vacille.
Comment de Gaulle a-t-il repris la main ?
C’est là que se joue le vrai coup de théâtre. Le 29 mai 1968, de Gaulle disparaît. Sans prévenir, il quitte Paris et se rend en secret à Baden-Baden, en Allemagne, auprès du général Massu qui commande les troupes françaises stationnées là-bas. Personne ne sait où il est. Beaucoup croient qu’il a renoncé.
Le lendemain, 30 mai 1968, il réapparaît et frappe fort. Dans une allocution radiodiffusée restée célèbre, il déclare qu’il ne se retirera pas, annonce la dissolution de l’Assemblée nationale et convoque des élections législatives anticipées. Le jour même, des centaines de milliers de partisans du régime remontent les Champs-Élysées pour le soutenir. Le rapport de force s’inverse en quelques heures.
Dans les jours qui suivent, la situation se détend. L’essence revient, les trains repartent, les usines reprennent le travail les unes après les autres au fil du mois de juin. Les élections législatives de juin 1968 confirment ce retournement : elles donnent une écrasante victoire à la droite gaulliste. Le pays, après la peur du désordre, choisit la stabilité. Voilà pourquoi il faut se méfier de l’idée reçue selon laquelle Mai 68 aurait fait tomber de Gaulle. Sur le moment, c’est l’inverse : il en sort électoralement renforcé.
Le départ vient plus tard, et pour une autre raison. Le 27 avril 1969, de Gaulle soumet à référendum une réforme du Sénat et de la régionalisation. Les Français votent non, à un peu plus de 52 %. Fidèle à sa parole, il démissionne dès le lendemain, le 28 avril 1969. Ce référendum de 1969 n’a pas de lien direct avec les revendications de Mai 68 : ne confondez pas les deux. Pour situer de Gaulle dans l’ensemble de sa carrière, notre article sur les dates clés de Charles de Gaulle reprend tous ces repères dans l’ordre.
Ce qu’il faut retenir pour le jour J
Si vous ne gardez que l’essentiel : Mai 68 se déroule au printemps 1968, sous la présidence de de Gaulle, avec Pompidou à Matignon. Le mouvement part de Nanterre le 22 mars, s’embrase avec l’évacuation de la Sorbonne le 3 mai, culmine avec la nuit des barricades du 10 au 11 mai, puis se prolonge par la plus grande grève de l’histoire de France (7 à 8 millions de grévistes). Les accords de Grenelle des 25-27 mai sont un compromis social sur les salaires. Le 30 mai, de Gaulle dissout l’Assemblée, gagne les législatives de juin 1968, et ne quitte le pouvoir qu’en avril 1969, après un référendum perdu.
Les deux confusions qui coûtent des points. D’abord, Grenelle n’est pas une réforme politique : c’est du social, des salaires. Ensuite, Mai 68 ne renverse pas de Gaulle. Il gagne les élections qui suivent et part un an plus tard, sur un tout autre sujet. Ancrez ces deux nuances, et les questions sur Mai 68 deviennent des points faciles.
Une dernière remarque, utile si une question porte sur l’héritage de l’événement. Politiquement, Mai 68 est un échec pour ses acteurs : le pouvoir en place ressort gagnant des urnes. Mais socialement et culturellement, l’épisode marque une rupture durable dans la société française, sur les rapports d’autorité, la place de la jeunesse ou les mœurs. Un QCM peut jouer sur ce contraste entre défaite électorale immédiate et transformation profonde de la société. Si vous tenez les deux, vous ne vous ferez pas surprendre.
Pour aller plus loin, travaillez ce chapitre en lien avec le thème histoire de France et vérifiez vos acquis en conditions réelles dans le mode Examen Blanc, comme le préparent les candidats au concours de Gardien de la Paix. Une date bien fixée aujourd’hui, c’est une question gagnée le jour J.
